mardi 19 octobre 2010

Trouvez les bonnes excuses

L'expérience que j'ai vécue avec mes travaux m'a beaucoup appris sur la façon dont on pouvait manipuler les gens. Quelques mois après, je me demande comment j'ai pu marcher dans de telles combines. Et pourtant, sur le moment il ne m'est pas venu à l'esprit que je me faisais manipuler. Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, je vous conseille de lire le récit de ma mésaventure, ceci vous aidera à mieux comprendre ce qui suit.
Les deux excuses les plus incroyables (incroyable : que l'on ne peut pas croire... et pourtant !) sont :
- Pour justifier un retard important à un rendez-vous : 
"Je suis resté coincé dans un ascenseur pendant 1 heure, mon téléphone ne captait pas, je ne pouvais pas vous prévenir."
- Pour justifier le fait que le carrelage n'est pas encore livré (il y a eu beaucoup de neige en janvier 2010) :
"Votre carrelage vient d'Italie, et la livraison a pris du retard a cause de la neige." (Eh oui ! Si vous cherchez une excuse, écoutez la radio. Surtout en ce moment, je suis certain que les manifestations, les grèves et le manque de carburant vous donneront pléthore d'excuses. Si vos ouvriers sont Roumains, il peut aussi y avoir quelques opportunités d'excuses.)


Il y a aussi les excuses ping-pong :
"Bob devait vous livrer le carrelage. Il ne l'a pas fait ? Je l'appelle tout de suite". On ne sait jamais ce que Bob et Tassin se disent en réalité, mais le ping-pong peut durer des semaines.
"Bob devait venir avec le camion, mais finalement, il est venu en voiture. Nous n'avons pu prendre qu'un quart du carrelage car c'est trop lourd."
Une variante de l'excuse ping-pong, c'est l'excuse "billard" (à multiples rebonds) :
Charles Tassin : "J'ai expliqué à Bob ce que vous vouliez."
(Si vous avez lu mes précédents billets, vous connaissez maintenant bien Charles Tassin gérant de la société Paint and Co qui a commencé les travaux chez moi, et Bob son sous-traitant, gérant de la société JL Décoration)
Bob : "J'ai expliqué à Piotr ce que Charles m'a expliqué."
Etc... le résultat est rarement ce qui était attendu étant donné que tous ceux qui ont "expliqué" ne sont pas présents sur le chantier lorsque les ouvriers le font. C'est un peu le jeu du téléphone arabe.

Pour justifier que personne ne travaille sur le chantier :
"Les ouvriers polonais sont repartis une semaine dans leur famille."
"Ils finissent un autre chantier."
"Il faut que ça sèche avant de continuer."
Plus complexe : "Je ne peux pas vous mettre un peintre tant que je n'ai pas le carrelage, car je préfère mettre toute l'équipe ensemble, ça avance plus vite.". Il est complètement vain d'essayer d'expliquer que sans personne, ça n'avance pas du tout, et que pas du tout, c'est moins vite que s'il y avait au moins un peintre.

Pour éviter un coup de fil, il y a plusieurs techniques. Si votre interlocuteur est tenace, aucune d'entre elle ne vous permettra d'éviter le problème sur le long terme, mais elles vous feront gagner plusieurs jours, voire des semaines.
D'abord, vous écoutez, puis vous répondez "Je dois réfléchir, je vous rappelle demain après-midi.". Ne dites jamais que vous rappellerez le jour même ou le lendemain matin. Essayez de gagner au moins 24h.
Vous n'avez pas rappelé, donc votre interlocuteur vous rappelle... Répondez quelque chose du genre "Je suis en ligne, je vous rappelle dans 5 minutes.", ou "Je suis au volant...". Bien sur, ne rappelez pas.
Votre interlocuteur, s'il est tenace (c'est mon cas) tentera de vous rappeler quelques heures plus tard. Au bout d'un moment, si vous voyez son nom s'afficher sur votre téléphone, laissez-le déposer quelques messages sur votre répondeur. Vous pouvez de temps en temps lui mettre un SMS du genre "J'ai bien eu votre message, et je m'occupe de votre problème. Je vous rappelle demain après-midi sans faute.".
Avec tout ça, vous avez déjà gagné au moins une semaine sans problème.
A partir d'un certain nombre d'appels infructueux, votre interlocuteur risque de commencer à masquer son numéro, ou d'appeler du bureau pour fausser les pistes. Il se peut que vous soyez obligé de décrocher, ne sachant pas qui appelle (on ne sait jamais, c'est peut-être un nouveau pigeon). Dans ce cas, trouvez un tiers qui pourrait porter le chapeau : "J'allais justement vous appeler, je suis en route pour aller voir Bob et décider ce que nous allons faire. J'arrive dans 5 minutes et je vous rappelle quand je suis avec lui."
Une ou deux heures plus tard, comme vous n'avez pas rappelé, votre interlocuteur vous rappelle (il s'accroche !!). Rejetez alors la faute sur Bob : "Bob a eu un empêchement et il n'a pas pu venir.". Ou encore : "Bob ne vous a pas appelé ? Il m'a dit qu'il vous appellerai pour régler le problème.".
L'idéal, c'est que Bob soit de mèche avec vous (mais ce n'est pas indispensable). Lorsque votre interlocuteur crédule l'appellera, il jouera le même genre de jeu, et on rentre dans le ping-pong. Si Bob n'est pas de mèche avec vous, dites bien à votre interlocuteur : "Surtout, ne l'appelez pas, laissez-moi régler le problème avec lui car il paraissait un peu fâché.". Vous pouvez même dire qu'il a un comportement bizarre en ce moment, Bob, car il a des gros soucis... vous ne devriez pas en parler, mais il faut le comprendre et éviter de le brusquer.
Ça peut durer facilement un mois voire plus. Ce qui est particulièrement éprouvant lorsque vous êtes à la place du client qui attend que son chantier redémarre, c'est que chaque jour vous pensez que la situation va se débloquer, vous attendez toujours le lendemain pour agir, et chaque jour, vous êtes déçu. Au bout d'un mois, vous vous rendez compte que rien n'a bougé et que vous auriez dû agir dès le premier jour.

Bien sur, chacune de ces excuses prise individuellement est crédible, même si certaines sont un peu exagérées. Ce n'est qu'en mettant tous ces éléments cote à cote qu'on découvre que ça n'avait aucun sens.

lundi 18 octobre 2010

Pourquoi l'escroquerie est-elle sans risque ?

Vous avez sans doute lu mon billet décrivant ce que m'a fait subir mon entrepreneur, M. Charles Tassin de la société Paint and Co. En résumé, il a commencé le chantier, encaissé plein d'acomptes pour des fournitures à livrer, ne les a jamais commandées, et quand je m'en suis rendu compte et que j'ai commencé à ne plus payer, il a quitté le chantier. Par la suite, il a tout fait pour gagner du temps avant que je ne l'attaque.
Personnellement, je qualifie cela d'escroquerie, car certains éléments me poussent à croire que c'était calculé dès le départ. J'y reviendrais.

Après avoir consulté pas mal de conseils (avocats, protection juridique, etc...) il apparaît que si on veut attaquer en justice, la procédure est relativement "standard". La procédure que je décris ici n'a pas vocation à être une recommandation. J'explique simplement ce qu'on m'a expliqué pour que vous compreniez l'impasse dans laquelle se trouvent les victimes comme moi.
1/ D'abord, faire deux ou trois mises en demeure par recommandé avec accusé de réception (RAR), à l'adresse de sa société, à son domicile, si vous connaissez son adresse, à sa femme si c'est elle la gérante, etc... Le gérant de Paint and Co a déménagé... qu'importe, j'ai retrouvé son adresse.
2/ Ensuite, demander une expertise judiciaire en référé. Côté délais, compter un mois pour obtenir une audience en référé (c'est ce qu'on appelle en justice une procédure "d'urgence"... un mois - mais ne critiquons pas notre système judiciaire qui se doit de défendre tout le monde afin de rendre une justice juste), et 6 à 12 mois pour l'expertise (voire 18 mois si vous faites construire un château). Côté coût, un avocat vous fera l'assignation et l'audience pour environ 1000 Euros (mais les tarifs sont très variables). Pour l'expertise, vous demandez au juge, mais c'est à vous d'avancer les fonds... compter plusieurs milliers d'euros.
3/ Une fois l'expertise terminée, vous pouvez reprendre les travaux avec une autre entreprise. Si vous le faites avant, pas d'expertise, et le juge risque de vous débouter, car il ne sait pas estimer l'avancement des travaux, et ne peut donc pas vous donner raison. Rappelons aussi que jusqu'à présent, votre entrepreneur n'a pas été condamné à payer un centime.
4/ Ensuite, vous pouvez attaquer "au fond". La procédure de référé ne s'est pas prononcée sur le fond du problème, maintenant que vous avez le rapport de l'expert judiciaire, vous pouvez solliciter une audience au tribunal civil. Repayer copain avocat, et re-délai.
Tout ceci devrait vous prendre 1 à 2 ans (dont la moitié où vos travaux ne sont pas terminés - en ce qui me concerne, mon appartement était inhabitable, ce qui occasionnait doubles frais), et vous coûter 5000 à 10000 Euros.
5/ En supposant que vous gagniez au fond, reste à faire payer l'entrepreneur. Il est probable que dans mon cas, il sera insolvable, car c'est une société minuscule (1 personne), ce qui le mettra probablement en faillite.

Et là, le sentiment de justice doit vous emplir de joie, car vous avez enfin rendu un service à la nation, vous avez enfin mis hors d'état de nuire un escroc. Qu'entends-je ? Vous auriez préféré récupérer votre argent ? Quel matérialistes vous faites-là !! La justice coûte cher, et elle est longue, mais... << je sèche... si vous savez compléter aidez-moi >>.

A toute cette démarche s'ajoute le fait que l'escroc avisé va tenter de gagner du temps. Il signe sans vergogne des accords qu'il n'a nullement l'intention de respecter (hop ! un mois de gagné). Il vous livre un tiers de votre carrelage (hop ! je vous redonne espoir pour deux semaines). Il vous fais venir un carreleur qui pose deux mètres carrés (hop ! c'est beau, non ?). Et si vous êtes assez naïfs (comme moi) pour marcher, ça peut durer 6 mois.
Avec du recul, j'aurais du faire dès le premier jour ce que je fais aujourd'hui, c'est à dire l'assigner au tribunal.

Donc pour répondre à la question posée dans le titre, je pense que beaucoup de gens n'auront pas la patience de patienter suffisamment longtemps pour que justice soit faite. Certains seront même contraints par le temps, soit parce qu'ils n'ont pas les moyens financiers d'assumer deux logements, soit parce qu'ils ont des contraintes familiales les obligeant à déménager. Donc ils finissent par faire les travaux avec une autre société, ce qui leur ferme la porte à tout procès.

En attendant que la justice rende justice, j'ai décidé de faire ce blog. Si je peux éviter à un ou deux pigeons de tomber dans le piège, je serai content.

mardi 5 octobre 2010

Protection juridique des assurances

Quand mes problèmes de travaux avec la société Paint and Co, représentée par Charles Tassin, ont commencés à être sérieux, j'ai eu l'idée d'éplucher quelques uns de mes contrats d'assurances pour y trouver une assistance juridique. Il se trouve que c'est sur l'assurance de mon scooter que j'ai trouvé la protection juridique.


Pour résumer ma situation, le chantier était bloqué, et mon appartement est inhabitable, ce qui devrait vous donner une idée de l'urgence.
1ère phase : Je leur ai téléphoné vers la mi-mars, une semaine après l'arrêt du chantier. On m'a d'abord dit d'appeler le bureau de Boulogne-Billancourt, car je suis sur le 92.
Ils n'avaient pas de rendez-vous disponible avant 1mois 1/2, et ils m'ont donc recommandé de les saisir par courrier pour gagner du temps, et que mon dossier serait traité dans la semaine... ce que j'ai fait aussitôt.2ème phase : J'ai rappelé une semaine plus tard, ils m'ont informé que mon dossier avait été transféré au bureau de Nanterre, car j'habite sur leur secteur (ils auraient pu me le dire plus tôt, nous aurions gagné une semaine)
Bureau de Nanterre injoignable certains jours. Pas d'horaires fixes, il faut ré-essayer.
3ème phase : J'ai enfin pu joindre le bureau de Nanterre qui m'informe qu'ils ont transféré mon dossier à Nancy (gloups !!), car c'est le centre de Nancy qui traite les dossiers ouverts par courrier.
Ils auraient pu me le dire plus tôt, nous aurions gagné une autre semaine... (c'est pratique le copier-coller)
4ème phase : J'ai joint le bureau de Nancy qui m'a dit qu'ils allaient regarder mon dossier. Une semaine après, j'ai reçu un courrier me demandant une attestation d'assurance prouvant que j'étais bien assuré chez eux (re-gloups !!).
Patient, j'obtempère sans faire d'histoire, et j'envoie aussitôt, par fax et par courrier l'attestation demandée.
5ème phase : Je rappelle la semaine suivante, ils viennent de recevoir mon attestation (pas de nouvelles du fax) et vont regarder mon dossier.6ème phase : Ils m'appellent début mai pour fixer un rdv avec un expert fin mai. Les 2 convocations envoyées courriers recommandés avec accusés de réception sont revenus, les boites aux lettres n'ont pas été trouvées par le facteur - pour un courrier, je veux bien, mais pour les deux, c'est bizarre, surtout en recommandé.
Au final, Charles Tassin, représentant de Paint and Co n'ayant pas reçu la convocation, il n'est pas venu, bien sur.
Après avoir fait le tour en 1/4 d'heure, l'expert a appelé Charles Tassin qui lui a promis qu'il reprendrait le chantier le lundi suivant, et blah et blah... Le rapport de l'expert tenait en deux pages : une page pour dire que l'appartement était inhabitable (sans aucune estimation, ni aucun relevés des travaux restant à faire), une deuxième page pour dire qu'une solution amiable avait été trouvée. (dis papa, comment on devient "expert" ? Ça a l'air cool comme métier).
7ème phase : Bien sur, rien ne se passe le lundi suivant, pas de nouvelles de Charles Tassin. Re-courrier à la protection juridique. Pendant ce temps, j'étais quand même allé faire un tour à l'adresse de la société Paint and Co, et j'ai effectivement constaté qu'il n'y avait plus de boite aux lettres pour cette société au 77 avenue Bosquet, 75007 Paris.
Par la suite, j'enverrai donc tous les courriers aux domiciles de M. et Mme Tassin. Ça tombe bien, puisque c'est d'ailleurs Mme Tassin qui est gérante de la société selon le Kbis.
8ème phase : Nous sommes début Août, et la protection juridique a fini par nommer un avocat pour aller au tribunal. Ils prennent en charge tous les frais d'avocat, et le coût de l'expert judiciaire. Ce qui se chiffre à plusieurs milliers d'euros au total, donc ça valait la peine d'attendre, mais j'ai quand même attendu 6 mois.
Nous sommes début octobre, et je n'ai toujours pas de nouvelles de l'avocat en question... on est pas sortis de l'auberge !!!

mercredi 29 septembre 2010

Panique au plombier

Samedi 8 mai 2010. La journée s'annonce plutôt belle, je décide d'aller jardiner un peu.
En passant près du robinet de jardin qui me permet d'arroser je remarque quelque chose d'étrange. Ce robinet sort d'un mur du bâtiment situé à l'entrée de la copropriété. De l'autre côté de ce mur, il y a un studio. Le mur n'étant pas tout récent, il y a une fissure partant du sol et montant d'environ 50 cm. Jusque là, rien de bizarre, me direz-vous et vous avez raison. Ce qui a attiré mon regard, c'est que le pourtour de cette fissure était humide, et de l'eau semblait s'en écouler de manière imperceptible.
Je vais frapper à la porte du studio, M. Denkor m'ouvre, et je lui explique ce que j'ai vu. Je lui demande alors de vérifier s'il n'a pas de l'eau qui coule chez lui. Bingo !! L'eau commençait tout juste à couler à l'intérieur de son appartement, en sortant apparemment du mur.
Je ne sais pas par quel hasard je suis arrivé pile au moment où la fuite commençait, mais je ne m'en plaint pas.

Aucune vanne ne permettait de fermer l'eau à ce niveau, alors je prends l'initiative de fermer l'eau au compteur de la copropriété. Heureusement, les Grognasson, mes voisins préférés avaient laissé leur garage ouvert. Le compteur général est dans leur garage... une vieille servitude dont ils ont hérité et qui les rend encore un peu plus aigris. Je coupe l'eau, donc, et je me met en quête d'un plombier.
Je finis par obtenir deux contacts. Le premier de la société "ABC plomberie" (nom fictif) me dit qu'il arrive dans 30 minutes, et le second, de la société "123 plombier" me dit qu'il est en intervention et qu'il rappellera après. Les deux m'annoncent un taux horaire d'environ 50 Euros, auquel il faut bien sur ajouter le déplacement et les fournitures.

En attendant qu'ils arrivent, j'en profite pour prévenir les voisins qui sont là, et j'appelle les Grognasson puisqu'ils n'habitent pas sur place. Ils ne répondent même pas, et ne donneront pas de nouvelles avant le lendemain. C'est dire à quel point ils se sentent concernés lorsqu'on a un souci.

Un plombier finit par arriver. Je lui demande de quelle société il est et me donne un nom de société que je ne connais pas (genre "Lapierre"). Je finis par comprendre qu'il est de la société "123 plombier". Celui que je n'attendais pas tout de suite. Je le préviens gentiment qu'un de ses confrères risque d'arriver, car j'ai besoin de deux devis en tant que syndic pour la copropriété. Sans prévenir, il s'énerve : "Je suis là pour faire le boulot pas pour être mis en concurrence !! Annulez l'autre ou je repart."
J'avoue avoir été un peu intimidé sur le coup. Alors j'ai rappelé l'autre pour annuler. Mais je lui ai quand même rappelé qu'il était là pour me faire un devis, et non pas pour "faire le boulot".

Il commence alors à regarder de quoi il s'agit. Et pendant qu'il regarde, voila qu'il reçoit un coup de fil de son bureau qui lui dit que l'intervention est annulée à la demande du client. C'est incroyable, mais les deux sociétés que j'avais appelé aboutissaient en fait au même plombier.


Si un jour vous vous retrouvez dans cette situation, mettez immédiatement le plombier à la porte et trouvez en un autre (je vous donnerez une astuce à la fin de ce billet). Si vous n'êtes pas convaincu, lisez la suite.

Après avoir vu le problème, il m'explique qu'il faut casser le mur. Il appelle donc son bureau pour qu'on lui apporte le marteau piqueur.
- Euh, mais ça va coûter quelque chose ? de casser le mur pour trouver la fuite ?
- Recherche de fuite encastrée, c'est 1200 Euros
- gloup !
<longue réflexion de plus de 5 milli-secondes>
- vous ne croyez pas qu'on devrait déjà ouvrir le regard qui est juste en dessous
- non pas la peine, ça vient du mur, vous le voyez bien
- ouvrons quand même en attendant le marteau piqueur
Et là, bingo. Le tuyau qui traversait le mur était dans une gaine en plastique et la fuite était au niveau du regard. L'eau remontait dans le mur en longeant cette gaine, et arrivait jusque dans l'appartement du voisin.
- Ouf, il suffit juste de remplacer la vanne qui est ancienne et fuit de tous les côtés.
- Ah oui, vous avez raison, répondit le plombier professionnel (en démolition !) - Allô, Gérard, laisse tomber le marteau piqueur, pas besoin...
- Alors combien ça va coûter ?
- De toute façon, il faudra bien réparer.
- Il me faut un devis.
- D'accord, je vous fait un devis.
Rappelons qu'il suffisait de remplacer une vanne d'arrêt qui fuyait. Prix du devis : 1000 Euros. Rapide calcul, à 50 Euros de l'heure, ça fait 20h.

Je vous épargne la discussion surréaliste qui s'ensuivit. J'argumentais qu'il fallait à peine 30 minutes pour réparer et que son taux horaire était de 50Euros. Il argumentais que c'était un forfait, et que ce travail ne pouvait pas être facturé à l'heure (n'importe quoi !), surtout un jour férié.
Pour finir,
- puisque c'est comme ça, si vous ne voulez pas que je fasse le travail, vous me payez mon déplacement et une heure de travail.
- Je ne peux pas, je vous ai demandé de venir pour me faire un devis, ce n'était pas supposé être payant. De plus, votre devis me semble malhonnête.
- Si vous ne payez pas j'appelle la police, me dit-il.
- Si vous ne changez pas de ton, c'est moi qui vais le faire, répondis-je.
Il m'a arraché le devis des mains.
- Vous le regretterez, à chaque fois que je passerai devant chez vous, je vais couper un tuyau ou arracher un fil ou casser une boite aux lettre. Ça vous coûtera beaucoup plus cher.

- Vous êtes là Éric ?
- Oui... j'ai tout entendu. Je suis témoin.
Je n'ai plus eu qu'à jeter un regard noir au plombier pour qu'il tourne les talons. Il est reparti au volant d'une voiture de location... donc pas moyen de savoir à quelle entreprise il appartenait. Je n'ai plus jamais entendu parler de lui.

Quelques heures plus tard, j'ai fait intervenir un autre plombier qui m'a fait le travail pour 280 Euros. Déjà pas donné, mais après ce que j'avais entendu, c'était presque cadeau !

Maintenant, j'ai compris comment éviter ce genre de société de dépannage peu scrupuleuses. Après avoir cherché sur les pages jaunes "plombier" sur votre commune,  affichez les résultats obtenus sur la carte. Vous constaterez que certains résultats sont regroupés à une même adresse, tandis que d'autres sont isolés. Personnellement, j'évite désormais les plombiers qui sont regroupés à plusieurs sociétés à la même adresse. Il s'agit d'une boite aux lettre leur permettant d'apparaître dans les pages jaunes près de chez vous. Votre appel passe par un centre d'appel qui redirige vers une autre société dont vous ignorez le nom. Du coup, vous ne savez pas qui vous appelez, qui vient, et personne n'est responsable.
Je choisis systématiquement un plombier qui a un nom et une adresse ; parfois même son adresse apparaît aussi dans les pages blanches.

mercredi 22 septembre 2010

Les perles de mes voisins

Vous connaissez maintenant un peu les Grognassons. Ils sont propriétaires de l'appartement au-dessus de moi, mais ne l'habitent pas. Ils ne le louent pas non plus. L'appartement est meublé, mais il n'y a personne. Ils y viennent de temps en temps le week-end puis repartent.

Ils critiquent tellement cette copropriété que je me demande pourquoi ils gardent cet appartement.
Je vous ai déjà parlé des problèmes avec l'ancien syndic, je ne reviendrai pas dessus.

Ces gens-là semble avoir un contentieux avec la végétation. Non-contents d'avoir coupé un arbre dans les parties communes, ils nous ont demandé de couper notre sapin, qui est pourtant à nous, dans notre jardin. Par contre, les mauvaises herbes qui poussent dans les parties communes, elles, ont de beaux jours devant elles si je ne m'en occupe pas.

Un jour où nous parlions de charges impayées, ils m'ont fait remarquer que j'avais planté des tomates dans mon jardin. "Oui, et alors ?
- Il faut beaucoup arroser les tomates pour que ça pousse
- Sans blague... je vais augmenter un peu la dose alors"
C'est vrai qu'ils devront payer une partie de l'eau qui me sert à arroser les tomates. Mais le règlement de copropriété est ainsi. Ce n'est pas moi qui l'ait écrit.

Tout est prétexte à se plaindre sans proposer de solutions. La plomberie est vétuste (mais pas question d'engager des frais) ; il y a des fils électriques qui courent le long de mon garage ; votre palissade n'est pas belle, il faut l'enlever elle a été mise sans autorisation (sans autorisation, je ne sais pas mais elle est chez moi...) ; la balustrade de votre terrasse a été posée sans autorisation (et avant, je suppose que les gens tombaient dans le vide ?).

Il y a aussi les sujets qui ne les concernent pas du tout, mais dont ils se plaignent quand même. Par exemple : votre magnolia est trop près du mur des voisins (d'autres voisins, pas eux), c'est interdit, il faut le couper. Sur ce genre de points, je pense qu'ils sont frustrés de ne pas être directement impactés, du coup, ils ne peuvent pas faire grand chose. En plus, je pense qu'ils ont tort sur ce point, il y a des jurisprudences spécifiques en région parisienne.

Et puis il y a les droits qu'ils s'accordent de façon autoritaire :
- J'ai un droit de passage sur votre terrasse.
- Ça m'étonnerait !! Vous avez un droit de passage dans le jardin, pas sur la terrasse.
- Si. Parce que notre escalier est trop étroit pour monter des gros meubles, et la seule solution c'est de passer par votre terrasse pour les monter par la fenêtre."
S'ils m'avaient demandé un jour de façon polie. "Puis-je me permettre de passer par votre terrasse pour monter un meuble qui ne passe pas par mon escalier." je n'aurais sans doute pas su refuser.
Mais j'ai ressenti leur façon de s'allouer un droit qu'ils n'ont pas comme une intrusion chez moi. Ça m'a dégoûté.

Je n'ai toujours pas compris pourquoi ils gardent cet appartement. Y a-t-il encore une chose qu'ils apprécient ici ? Je ne comprends pas pourquoi ils s'obstinent. Cet appartement ne leur rapporte rien. Ils ne l'habitent pas, leur coûte cher (du moins trop cher à leur goût), ils n'aiment pas les arbres... alors pourquoi rester ? C'est encore un mystère pour moi.

Devenir syndic bénévole

Quelques jours après avoir acheté mon appartement, j'ai rencontré l'un de mes voisins et sa femme. Appelons-les M. et Mme Grognansson pour préserver l'anonymat. Cette rencontre a eu lieu dans des circonstances un peu bizarres sur lesquelles je reviendrai plus tard, puisqu'ils étaient tout simplement en train de couper un arbre situé dans des parties communes, sans avoir demandé l'avis à personne. Ça a fait toute une histoire que je vous raconterai un autre jour.

Ce jour là, nous avons beaucoup parlé (enfin surtout elle, lui il grognait) de l'histoire de la copropriété, des ragots, des problèmes. Ce qui a été l'occasion de découvrir que nos prédécesseurs s'étaient mis tout le monde à dos : les autres occupants, mais aussi les voisins de la copropriété, le syndic, la mairie... Bref.
Nous avons aussi compris que le problème du syndic serait beaucoup plus complexe que prévu. Le syndic actuel ne faisait pas du tout son travail. Quand je l'avais rencontré avant d'acheter, il avait effectivement manifesté un agacement évident vis-à-vis de cette copropriété où tout le monde l'emmerdait, mais ne m'avait pas dit qu'il ne faisait plus son travail de syndic pour lequel il était payé (mouais... normal qu'il ne l'ait pas dit). En fait, découragé par les conflits de voisinages, et les pinailleries de certains copropriétaires, le syndic ne remplissait plus du tout son rôle. Il n'avait pas organisé d'AG en 2009, il ne procédait pas au recouvrement des charges, ne faisait pas les travaux qui avaient été votés, etc... Mais il continuait à facturer 2000 Euros par an, alors que le budget annuel de la copropriété était de 6000 Euros.
Une optimisation semblait s'imposer.

Quelques temps plus tard, nous avons reçu un courrier du syndic nous indiquant qu'il ne souhaitait plus gérer notre copropriété, et nous invitant à lui proposer de nouvelles candidatures en vue de la prochaine AG.
Avec M. et Mme Grognansson, nous nous entendions encore bien à l'époque. Nous leur avions presque pardonné d'avoir coupé l'arbre. Vous verrez que ça ne durera pas longtemps. Nous nous sommes donc à nouveau rencontrés, et nous avons évoqué la possibilité de passer en syndic bénévole. Le principe est que le rôle de syndic est confié à l'un des copropriétaires au lieu d'être confié à un professionnel. Ça demande un peu de bonne volonté, mais c'est plein d'avantages, le premier étant le prix.
Qui pourrait donc remplir ce rôle ? M. Rodriguez, le bailleur du rez-de-chaussée ? Il ne semblait pas très impliqué dans la copropriété. Le propriétaire du petit studio à l'entrée ? Il représentait tellement peu dans la copropriété que personne ne le connaissait. La gestion locative de son appartement était confiée à une agence, donc aucune chance qu'il souhaite prendre la charge de syndic. Restait M. et Mme Grognansson. Ils l'ont vaguement proposé, mais ils avaient juste un léger handicap qui se matérialisait sous forme d'une dette de plus de 2000 Euros de charges.
En effet, depuis deux ans, ils étaient entrés en conflit avec nos prédécesseurs qui "arrosaient trop leur jardin, ce qui coûtait cher en consommation d'eau" (la consommation d'eau n'était pas comptabilisée de manière individuelle) et le syndic qui ne faisait pas son travail et coûtait cher. Donc ils avaient tout simplement décidé d'arrêter de payer leurs charges. Ils estimaient d'ailleurs qu'ils n'avaient pas à les payer puisqu'ils ne consommaient pas d'eau et que le syndic ne justifiait pas son salaire. C'est ce qui s'appelle faire justice soi-même.
Le seul "candidat syndic" pour qui j'aurais voté était donc... moi-même.

Ca ne me déplaisait pas de faire les comptes, payer les factures et gérer les aspects administratifs. Par contre, l'idée d'avoir à gérer les conflits (qui dataient d'avant mon arrivée), les impayés et les mécontents me tentait moins que d'aller passer mes vacances à Tchernobyl.
A l'issue d'une discussion de deux heures, nous avons fini par conclure avec les Grognansson que je me présenterait comme syndic bénévole, et qu'ils payeraient leur arriéré de charges.

Je me suis présenté, j'ai été élu, et ils n'ont jamais payé leur arriéré de charges. Quel grand naïf suis-je !!

Quelques perles de chantier

Dès qu'on fait faire des travaux, on a des surprises. Chacun le sait. On est donc très vigilant et on pose plein de questions tout le temps pour comprendre. Il faut dire qu'un chantier qui n'est pas terminé, c'est souvent assez inquiétant. Des trous partout, de la poussière partout. On espère pendant toute la durée du chantier que le mot "terminé" signifie la même chose pour les ouvriers que pour nous autres clients.
Voici un petit florilège de ce que j'ai vécu personnellement pendant mes 3 premiers mois de chantier avec les sociétés Paint and Co et JL Décoration.

Il y a les grands classiques, comme par exemple, les interrupteurs qui ne sont pas alignés avec la prise située en dessous. Dans mon cas, pas de problème pour le faire corriger après l'avoir signalé le jour même.

J'ai eu le malheur de demander la pose de corniches au plafond. Ça se présente en longueur de 2 mètres, c'est du polyuréthane (un peu plus dur que du polystyrène). Il y en a de toutes les formes et de toutes les tailles. Sur l'emballage, il y a un petit dessin pour montrer où est le plafond, où est le mur et où est la corniche. A ceux qui croient qu'il y a une chance sur deux de se tromper, je réponds "non" ! Il y a un dessin. Rappelons que le dessin est un langage universel qui s'affranchit de toute barrière de langue. Mais il faut regarder le dessin.

Il y a les problèmes de niveau de sol. Pour coller un parquet neuf sur un ancien parquet, le chef de chantier, Bob, et l'entrepreneur, Charles Tassin m'avaient suggéré de faire un ragréage fin pour avoir un sol bien lisse. C'est un produit "auto-lissant". C'est à dire que c'est liquide, et qu'il s'étale à peu près tout seul (il faut l'aider un peu quand même). Mon subtil chef de chantier avait juste oublié que le sol n'était pas parfaitement horizontal. Au final, il y avait une épaisseur de 3 mm d'un côté de la pièce, et de 2 cm de l'autre côté. Ça n'aurait pas posé de problème si la porte-fenêtre avait été quelques cm plus haute. Car il devait rester environ 0,5 cm pour poser l'isolant et le parquet massif.
Suggestion d'un ouvrier encore plus subtil que Bob : raboter la porte-fenêtre en PVC.

Pour d'autres raisons, le chantier a été interrompu avant de poser le parquet. Puis au bout de quelques jours, le fameux ragréage s'est mis à se décoller par plaques de 20 à 50 cm. Mon très subtil chef de chantier m'a alors donné les explications suivantes :
- C'est normal, ce n'est pas du ragréage fibré, ça adhère moins bien. Du coup, comme on a attendu longtemps pour poser le parquet, ça se voit.
- Mais si on colle du parquet sur un support qui n'est pas collé, ça ne sert à rien... répondis-je incrédule
- Non ça ne sert à rien, mais c'est beaucoup moins cher que du fibré.
On a finalement été obligé de tout décoller (une demi-journée pour les trois pièces... c'est dire si c'était solide !!) et de le refaire.

Il y a les faux-plafonds. Plein d'avantages à faire un faux-plafond : ça isole (du bruit et du froid), ça cache l'ancien plafond qui peut-être en mauvais état dans une vieille maison, et ça permet de passer tout un tas de fils électriques, de ventilations... Tellement pratique que les ouvriers en ont mis partout, y compris dans les pièces où ce n'était pas prévu.
Notre généreux entrepreneur, Charles Tassin, nous a lourdement fait remarquer que ce ne serait pas facturé, puisque c'était son sous-traitant, JL Décoration qui avait fait l'erreur. 

Côté plomberie, j'ai du tomber sur un spécimen. Je le sais car depuis, j'ai fait connaissance avec un autre plombier formidable, qui m'a réconcilié avec sa profession. C'est un vieil immeuble, et il n'y avait pas de vanne pour couper l'eau dans mon appartement. Si je voulais fermer l'eau, je fermais pour tout l'immeuble. J'ai donc demander à ce qu'il me mette une vanne pour mon appartement.
Une fois ce travail terminé, le plombier m'a demandé à quoi ça servait, car si je ferme, ça ferme quand même l'eau des voisins.
Et pour cause !! Il avait mis la vanne avant l'embranchement vers mon appartement. Et dire que j'avais expliqué trois fois à Bob et Tassin !

Le carreleur ignorait qu'on pouvait utiliser des croisillons, même pour une pose "décalée". Pour ceux qui ne connaissent pas, je donne l'astuce : soit vous coupez une des branches du croisillon, soit vous les placez verticalement.
A la place, ils utilisaient des petits bouts de carton pliés en deux. Résultat, les joints ne sont pas du tout réguliers. M. Tassin m'a dit qu'il trouvé que la pose était d'une qualité remarquable... C'est ce qui s'appelle de l'auto-persuasion, non ?

Le stockage des déchets a été un peu problématique. Au début du chantier, le subtil "Bob" m'avait demandé l'autorisation de stocker les gravats dans le garage en attendant de faire venir une benne la semaine suivante. "Pas de problème mon cher amis, je me garerai dans la rue pendant une semaine.".
La semaine suivante pas de benne, pendant un mois pas de benne. Puis un beau jour, le tas de gravats a augmenté. En regardant de plus près, j'ai trouvé des carrelages, des meubles de cuisine et de salle de bains qui ne venaient pas de chez moi. Mon garage était devenu la décharge pour les autres chantiers de Bob. Ils y ont également stocké 5 blocs WC Geberit (je rappelle que mon appartement est un 3 pièces), deux portes coulissantes neuves et un radiateur qui n'avaient rien à voir avec ce que j'avais demandé. Un entrepôt gratuit en quelques sortes.
Je me suis donc garé dans la rue pendant trois mois, pendant que JL Décoration et Paint and Co avançaient sur les autres chantiers et nous apportaient leurs déchets.

Je suis sur que vous en avez de bonnes à raconter aussi. Ça ne sert pas à grand chose, mais ça défoule, alors lâchez-vous dans les commentaires.